Le Flamant Rose, phoenicopterus roseus, espèce migratrice qui n’avait plus été signalée au Gabon depuis de nombreuses décennies, a à nouveau été observé au parc national d’Akanda le samedi 18 mai dernier.
La présence de cet oiseau de la famille des phœnicoptéridae sur les côtes gabonaises avait été signalée lors de l’excursion organisée dans le cadre de la commémoration de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs. Cette information qui semblait insolite devait être confirmée de manière irréfutable. C’est à cette fin que l’Agence Nationale de Parcs Nationaux (ANPN) a dépêché sur le site une mission de vérification.
Conduite par Clotaire MOUKEGNI SEKA, Conservateur du parc national d’Akanda, et Solange NGOUESSONO, Chef de Service en charge des Zones Humides, assistés des ornithologues Jean Pierre Vande WEGHE, Patrice CHRISTY et Alphonsine KOUMBA MFOUMBOU ; l’équipe a sillonné les vasières du parc national afin de confirmer ou infirmer le retour du majestueux oiseau.

Une colonie de Flamant Rose vue de loin.
C’est dans la vasière de l’Ile Moka que la rencontre tant espérée par les techniciens s’est faite. L’équipe a, en effet, remarqué au milieu de l’eau la présence des grands oiseaux, aux longs cous en forme de ‘’J’’ renversé, présentant une coloration blanc rosâtre le long du plumage. Au total, 77 individus, adultes et sujets immatures, ont été observés.
A proximité de la colonie de Flamants roses et Flamants nains, l’équipe a observé d’autres dizaines d’espèces dont des pélicans, des becs en ciseau, des bécasseaux cocorli, des tantales ibis, des pluviers à front blanc, des hérons cendrés, des cigognes, des sternes, ainsi que des chevaliers gambette, et des chevaliers arlequin.
Contrairement au flamant nain qui s’observe de temps à autres, le flamant rose avait complètement disparu du Gabon. Son retour sur la vasière de Moka, depuis mars 2013, témoigne de la remarquable richesse de ce milieu, ainsi que de la quiétude retrouvée par cette aire de repos et nurserie naturelle, après le départ des populations de pêcheurs nigérians qui y avaient élu domicile.
Les diverses perturbations occasionnées par la présence de ces squatters qui avaient investis pendant des décennies les trois îles (Moka, Nendé et Kendjé) avaient contraint certains oiseaux migrateurs à ‘‘bouder la destination Gabon’’. La délocalisation de ces populations en 2012, a créé les conditions favorables à la recolonisation de la Baie de Corisco par des oiseaux migrateurs d’origines diverses.
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